Monthly Archives: August 2011

Football: “Nul et Vierge”

Monaco 0 – 0 Boulogne / Stade Louis II
Ligue 2 – 3éme journée

Le match Monaco – Boulogne s’est soldé par un score “nul et vierge” écrit Ouest-France sur son site.

Cette traduction verbale du “0-0” est un pléonasme répandu dans le monde du reportage sportif. Inserez “nul et vierge” sur un moteur de recherche et vous obtiendrez plus de 860 000 résultats, pas tous pertinents je le concède.

Un score vierge étant forcement nul, je me demande donc pourquoi les journalistes continuent à utiliser cette expression.

Bis repetita placent

Il se trouve que la répétition peut être admise et appreciée dans certains contextes. En poésie par example la répétition peut servir à souligner une idée avec force.

De plus la linguistique nous enseigne que la répétition est un phénomène propre au language. J’en veux pour preuve cet article intitulé: “Le processus de la répétition et le réel de la langue”.

Circonstances atténuantes donc pour ceux qui utilisent la formule “nul et vierge”, mais en fin d’analyse, je suggère quand même de différencier un score vierge issu d’un match captivant d’un piètre 0-0.

Football: AA Gent – Lierse

AA Gent 1 – 1 Lierse
Championnat de Belgique – 4e Journée

Le Stade Jules Otten (12 919 places) avant le match contre Lierse

Je profite d’un long week-end en Belgique pour assiter au match de ligue Jupiler AA GentLierse.

Le surnom de l’équipe de Gent est “Les Buffalos” suite à la visite de Buffalo Bill et de son cirque dans les années 1900.

AA Gent est aussi connu sous le nom de “La Gantoise”.

Site web http://www.kaagent.be (nl)

Monaco – Reims: A la Recherche du Temps Perdu.

Ce soir, deux équipes en “rouge et blanc” mais surtout, deux équipes qui ont failli graver une fois pour toutes leur nom au palmarès des champions européens, s’affronteront au Stade Louis II.

Le Stade de Reims a disputé les deux premières finales de la coupe des champions en 1956 et 1959. Si les reimois eurent emporté ne fut-ce qu’une des deux finales, toute la narrative des décennies successives autour du football français aurait changé; confiance plutôt qu’auto-flagellation.

Ce match est donc l’occasion d’examiner deux types de mémoires; la mémoire vécue (expérience directe) et la mémoire reconstituée (expérience indirecte).

La mémoire vécue pour le supporter de l’ASM le pousse à revivre des sensations telles que la désolation, l’espoir ou bien encore la délivrance. La désolation a suivit le 2-5 à domicile contre la “petite” équipe de Dundee Utd. L’espoir long de 14 jours est né après le 2-0 à domicile en match aller contre Craiova (va-t-on enfin passer un tour de coupe d’Europe?). La délivrance est arrivée à l’issu d’un but de la tete de Rui Barros suite au centre et au galop forcené balle-au-pied de Luc Sonor sur l’aile gauche contre l’AS Roma.

Consciemment ou pas, quand le supporter du pesage voit son équipe entrer sur le terrain, il y superpose aussi les émotions et donc la mémoire, de l’équipe qui a battu le Real Madrid et il a du mal a réconcilier ce qu’il voit avec ce qu’il a vécu.

Par contre, penser au Stade de Reims, pour la plupart d’entre-nous, revient à se souvenir des images, noir-et-blanc, de la finale a Glasgow perdue contre le Real Madrid. Il n’y a pas et il ne peut pas y avoir d’émotions associées a cet événement tout simplement parce-qu’à chaque fois que nous voyons ces images, nous sommes dans une situation et un état d’esprit diffèrent. Cela peut advenir chez soi en cliquant sur youtube ou dans un bar en visionnant une rétrospective d’avant-match de champions league. Puisqu’il n’y a pas d’ancrage émotionnel, la grandeur du Stade de Reims, d’un point de vue monégasque est fade. Elle ne suscite ni envie ni pitié, ni joie ni rage.

Ce Monaco – Reims, derby des éternels damnés est l’occasion, enfin, de réconcilier mémoire vécue et mémoire reconstituée.