Monaco – Reims: A la Recherche du Temps Perdu.

Ce soir, deux équipes en “rouge et blanc” mais surtout, deux équipes qui ont failli graver une fois pour toutes leur nom au palmarès des champions européens, s’affronteront au Stade Louis II.

Le Stade de Reims a disputé les deux premières finales de la coupe des champions en 1956 et 1959. Si les reimois eurent emporté ne fut-ce qu’une des deux finales, toute la narrative des décennies successives autour du football français aurait changé; confiance plutôt qu’auto-flagellation.

Ce match est donc l’occasion d’examiner deux types de mémoires; la mémoire vécue (expérience directe) et la mémoire reconstituée (expérience indirecte).

La mémoire vécue pour le supporter de l’ASM le pousse à revivre des sensations telles que la désolation, l’espoir ou bien encore la délivrance. La désolation a suivit le 2-5 à domicile contre la “petite” équipe de Dundee Utd. L’espoir long de 14 jours est né après le 2-0 à domicile en match aller contre Craiova (va-t-on enfin passer un tour de coupe d’Europe?). La délivrance est arrivée à l’issu d’un but de la tete de Rui Barros suite au centre et au galop forcené balle-au-pied de Luc Sonor sur l’aile gauche contre l’AS Roma.

Consciemment ou pas, quand le supporter du pesage voit son équipe entrer sur le terrain, il y superpose aussi les émotions et donc la mémoire, de l’équipe qui a battu le Real Madrid et il a du mal a réconcilier ce qu’il voit avec ce qu’il a vécu.

Par contre, penser au Stade de Reims, pour la plupart d’entre-nous, revient à se souvenir des images, noir-et-blanc, de la finale a Glasgow perdue contre le Real Madrid. Il n’y a pas et il ne peut pas y avoir d’émotions associées a cet événement tout simplement parce-qu’à chaque fois que nous voyons ces images, nous sommes dans une situation et un état d’esprit diffèrent. Cela peut advenir chez soi en cliquant sur youtube ou dans un bar en visionnant une rétrospective d’avant-match de champions league. Puisqu’il n’y a pas d’ancrage émotionnel, la grandeur du Stade de Reims, d’un point de vue monégasque est fade. Elle ne suscite ni envie ni pitié, ni joie ni rage.

Ce Monaco – Reims, derby des éternels damnés est l’occasion, enfin, de réconcilier mémoire vécue et mémoire reconstituée.

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